Un moteur de recherche répond en une seconde, une IA générative en trois. Pourtant, face à une décision d’externalisation, de recrutement de comex ou de choix d’ERP, aucun des deux ne fournit ce dont un dirigeant a réellement besoin : le retour de quelqu’un qui l’a déjà fait. Ce savoir-là porte un nom — le savoir tacite — et il ne se télécharge pas.
Savoir explicite, savoir tacite : la distinction utile
Le savoir explicite est celui qui s’écrit : études, benchmarks, documentation, articles — tout ce que Google indexe et que les modèles de langage recrachent. Le savoir tacite, lui, réside dans l’expérience : comment un DSI a réellement négocié la sortie d’un contrat d’infogérance, ce qu’un DRH referait autrement dans une fusion, à quel moment un dirigeant a compris qu’un partenariat allait échouer.
Ce savoir n’est presque jamais publié. Il est trop contextuel, trop sensible, parfois trop peu flatteur. Personne ne rédige de billet de blog intitulé « comment j’ai perdu dix-huit mois sur une migration ». On le raconte, en revanche, à des pairs qui traversent la même situation.
Pourquoi la recherche en ligne plafonne
Le contenu accessible en ligne souffre de deux biais structurels. Le biais du survivant, d’abord : on documente les réussites, rarement les impasses. Le biais commercial, ensuite : une part croissante des contenus B2B est produite pour vendre, ce qui oriente le diagnostic vers la solution de l’éditeur.
Les IA génératives héritent des deux biais, puisqu’elles s’entraînent sur ces mêmes contenus. Elles excellent à synthétiser l’état de l’art public ; elles ne savent rien de ce qui ne s’écrit pas. Or les décisions qui engagent une entreprise se jouent précisément dans cette zone non écrite.
Le pair : la source que rien ne remplace
Un dirigeant qui a mené le projet que vous envisagez apporte trois choses introuvables ailleurs : la chronologie réelle (pas celle du communiqué), les coûts cachés, et la lecture politique — qui a freiné, pourquoi, comment cela s’est débloqué. Trente minutes de ce récit valent des semaines de veille documentaire.
La difficulté n’est pas de comprendre cette valeur, c’est d’y accéder. Ce type de récit ne se livre ni sur LinkedIn, ni en conférence, ni dans un échange commercial. Il exige un cadre restreint, une réciprocité et l’assurance que rien ne sera réutilisé contre son auteur.
Les conditions pour que le tacite circule
Trois conditions reviennent systématiquement. Le huis clos : un lieu privatisé, une table fermée, pas de public. La symétrie : des interlocuteurs de niveau comparable, sélectionnés — chez Nway Events, selon le secteur, la taille d’entreprise et la direction concernée. L’absence d’agenda commercial : la règle « pas de pitch à table » n’est pas une politesse, c’est la garantie qui libère la parole.
Quand ces conditions sont réunies, l’effet est rapide. Il suffit qu’un convive raconte honnêtement un échec pour que la table change de registre : les autres suivent, et la discussion structurée d’une heure trente produit plus de matière exploitable qu’un trimestre de lecture.
Le dîner comme dispositif de transmission
Un dîner de décideurs bien conçu n’est rien d’autre que cela : un dispositif qui organise la circulation du savoir tacite. Le thème est choisi pour toucher un enjeu vécu par chacun ; la table de dix à quinze convives garantit que chaque expérience trouve un écho ; l’animateur relance vers le concret — « comment l’avez-vous fait, chez vous ? » — plutôt que vers les généralités.
Ce que chacun repart avec ne figure dans aucun rapport : des repères calibrés par des pairs, des erreurs à éviter, et les coordonnées de ceux qui sont passés par là. C’est aussi pour cela que ces soirées débouchent sur des suites concrètes — en moyenne trois rendez-vous qualifiés dans le mois pour les hôtes des dîners Nway.
Accéder à ce savoir, concrètement
La prochaine fois qu’une décision résiste à la recherche documentaire, posez-vous la question autrement : qui a déjà vécu cela, et autour de quelle table puis-je l’entendre ? Notre livre blanc « L’art du networking » développe cette approche. Et pour réunir ces pairs vous-même : organisez votre premier dîner.





